Résidence d’écrivain

Dans le souci d’encourager les pratiques culturelles liées au livre, à l’écriture et à l’art, l’association Le Centre Culturel des Cèdres, organisateur du Festival du Livre de Mouans-Sartoux, propose, en partenariat avec la Direction régionale des affaires culturelles PACA et La Caisse d’Epargne Côte d’Azur, une résidence d’écrivain à un auteur de littérature adulte.

Pour la 2e résidence d’écrivain, Céline Curiol, auteure chez Actes Sud, sera accueillie à partir de septembre 2013 à Mouans-Sartoux.

 

Céline Curiol est née à Lyon en 1975. Diplômée de l’École supérieure des techniques avancées et de la Sorbonne, elle quitte la France et s’installe à New York. Là, elle devient correspondante pour la BBC et Radio France, se met à écrire et tente de gagner sa vie en travaillant notamment à l’ONU. Elle publie son premier roman à trente ans, ce livre intitulé Voix sans issue (Actes Sud, 2005 ; Babel n° 782) est alors traduit dans une douzaine de langues. Toujours aux éditions Actes Sud paraît en 2007 Permission (Babel n° 1002) puis en 2009 Exil intermédiaire (Babel n° 1125). Aux éditions Vagabonde paraît la même année un récit de voyage intitulé Route rouge. L’ardeur des pierres (Actes Sud, 2012), le dernier roman de Céline Curiol, est issu de sa résidence à la villa Kujoyama de Kyoto.

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Elle est jeune, elle vit à Paris et travaille à la gare du Nord. Invisible, elle annonce l’arrivée des trains, les horaires, les départs et les voies, accompagne l’éloi-gnement, la séparation ou l’espoir. Seule elle rentre chez elle, elle attend l’appel de l’homme qu’elle aime. Un soir d’ivresse, ils se sont embrassés, mais l’homme est amoureux d’un Ange, une créature ineffaçable. Seule elle quitte son appartement pour tuer le temps dans les rues de la ville, dans ces quartiers dangereux à la nuit tombée, ces boîtes et ces cafés où la beauté est encombrante. Car la jeune femme vit là, attentive, sensible à cette réalité urbaine. Elle ne se dérobe pas, elle convoque le hasard et la sincérité comme on joue au poker. Juste pour voir, pour entendre le réel, être présente au monde. Lentement elle interpelle celui qu’elle aime. Lentement il vient vers elle.

Céline Curiol met en scène l’histoire d’une femme qui, par-delà son obsession, fait preuve d’une absolue compassion pour les autres, ces inconnus des rues qui, dans l’instant, viennent bousculer son individualité. Et c’est dans cette confrontation entre l’intime et l’anonyme, entre la dépendance amoureuse et les pulsations de l’humanité que cette jeune romancière, tel un conteur expérimenté, impose une remarquable vision existentielle du monde contemporain.

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Dans un monde où la fiction n’existe plus, un homme est embauché par un organisme international appelé l’Institution. Son rôle est d’assister aux réunions politiques de première importance qui se tiennent là, pour rédiger des comptes rendus selon un modèle extrêmement rigoureux. Discipliné, consciencieux, il travaille sans relâche à la maîtrise de sa propre pensée, de l’actualité géopolitique ou de tout autre domaine susceptible de valoriser sa fonction. Corrigés, contrôlés, ses résumés sont ensuite communiqués aux médias du monde entier.

Jusqu’au jour où l’un de ses condisciples ébranle son système de pensée : sous ses yeux effrayés, l’homme ouvre un roman et lui lit quelques pages. Une autre langue surgit tout à coup, celle de l’imaginaire, du subjectif, du plaisir…

Par la finesse de son analyse psychologique, par l’étonnante confrontation d’un univers désincarné et d’une conscience qui s’éveille, ce roman d’anticipation s’impose comme une magnifi que fable en hommage au rêve, au droit d’inventer, à la liberté d’être et de penser.

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Une femme a le projet d’un voyage au Japon. Lors d’une conversation, l’un de ses collègues porte sur cette décision un regard négatif. Selon lui, Sidonie sera là-bas singulièrement trop étrangère. Quelque temps plus tard, à Kyoto, l’hiver est arrivé. Seul en pleine nature, un homme cherche quelque chose sous la neige. Avec difficulté, il dégage une pierre, en déniche une seconde, les cache l’une et l’autre à l’arrière de sa camionnette. Cette expédition semble suspecte : ces pierres sont des kamo-ishi. Prudemment Kanto regagne la ville, craignant d’être vu comme lorsqu’il s’était introduit dans une maison pour contempler, fasciné, la photographie d’une oeuvre d’Isamu Noguchi. Kanto est jardinier, il compose des paysages dans la pure tradition japonaise. Qu’il puisse s’approprier des kamo-ishi est inimaginable. Au-dessus de chez lui vit un homme de son âge. Kanto ne l’apprécie pas. Mais, entre ces deux solitaires, un double lien s’immisce soudain : le charme d’une femme à l’inédite apparence et la figure tutélaire d’Isamu Noguchi. Entre l’incarnation du désir et celle de la création artistique, dans ce pays aux jardins immobiles, s’annoncent d’étranges métamorphoses… Roman de l’apprivoisement de l’autre – mais aussi de soi – dans la fréquentation permanente du sacrilège, L’ardeur des pierresdistille et impose un charme progressivement dévorant, tout en humour discret et subtil envoûtement.

« CE LIVRE VOUS PARLERA DE CES PIERRES INCONNUES qui trônent au milieu des jardins japonais et sur le bord des routes, des pierres qui pourraient si l’on savait longtemps les regarder, nous servir d’indices éternels. Il vous parlera de tout ce que contient en espoirs et en pertes la première venue d’entre elles. Il vous parlera de la pierre, telle qu’elle fut aimée et façonnée par un artiste qui consacra sa vie à lui donner d’innommables formes. L’histoire est celle de Kanto Akinari et Yone Noguchi, deux solitaires qui vivent l’un en dessous de l’autre dans un immeuble étroit non loin du centre de Kyoto. Kanto est jardinier, sans trop savoir pourquoi. Yone est rédacteur pour un jeu télévisé populaire. Fils de l’illustre sculpteur Isamu Noguchi, il croit avoir enfin trouvé le moyen d’exister en se lançant sur la piste d’un meurtrier. Tous deux font semblant de s’éviter même si leur résistance aux oppressions familiales pourrait leur donner prétexte à amitié. Lorsque surgit dans le quartier de ces deux atypiques l’intrigante Sidonie Descoines, l’étrangère prend d’assaut leur imaginaire. Dès lors, leurs rêves et lubies se mettent à ressembler d’un peu trop près à la réalité… Kyoto, elle, n’est pas un rêve ; la ville détient toutefois ce qu’il faut de mystère et d’instabilité pour donner à cette histoire sa meilleure matière. À la frontière de l’immobile se déroule L’ardeur des pierres, là où débutent toutes les envies, tous les mouvements. »

Céline Curiol

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C’est à New York, le temps d’un week-end de juillet, que se joue l’épilogue de la vie amoureuse de deux femmes qui ne se connaissent pas, et qu’elles quittent cette sorte d’exil intermédiaire où les a placées leur désir de rupture. Entre relecture du passé et questionnement du présent, un roman magnétique sous le charme d’une ville qui ne l’est pas moins.

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