Sylviane AGACINSKI

Sylviane AGACINSKI

Philosophe, professeur, écrivaine

Sylviane AGACINSKI est une philosophe française née en 1945.  Après une licence de philosophie à l’université de Lyon, elle passe son concours du CAPES, qu’elle réussit brillamment, en même temps que son agrégation de philosophie à la Sorbonne. Elle participe à la création du Groupe de recherche sur l’enseignement philosophique, puis dirige le Collège international de Philosophie. De 1991 à 2010, elle est professeure agrégée à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Elle a publié plusieurs ouvrages et articles, notamment sur la question du rapport entre les sexes.

Femmes, entre sexe et genre
Seuil

Vous croyez savoir de qui il s’agit quand on parle des femmes. Erreur : le doute s’est installé depuis que Monique Wittig déclara que « les lesbiennes ne sont pas des femmes ». Avec Judith Butler, la Queer theory regarde la distinction entre homme et femme comme l’expression d’une « binarité artificielle », construite par une « culture hétérosexuelle dominante ». Il n’y a plus de sexes, rien qu’une prolifération de genres (gays, lesbiennes, transsexuels…), flottant au dessus de sexes disparus ? à moins qu’ils ne deviennent les produits de techniques biomédicales.

Ce livre montre les impasses d’un tel discours.

Sylviane Agacinski rappelle la dissymétrie des corps sexués, c’est à dire vivants, mais enrôlés dans des institutions, une culture et une histoire. Elle décrit les formes spécifiques de la servitude des femmes, qu’elles soient anciennes (la famille), modernes (le marché biologique des cellules et des organes), ou les deux à la fois (la prostitution).

Pour Sylviane Agacinski, « femme » et « homme » en tant que genres sont des catégories impersonnelles. En tant que personne, « je » ne suis ni un sexe ni un genre. Le sexe est moins un facteur d’identité que d’altérité.